Compte-rendu: QCDM BBQ 6

Pour la troisième année de suite, je me rends à Trois-Rivières au beau milieu de l’été pour assister au QCDM BBQ, ce magnifique festival 666% death metal mis sur pied par mon homonyme Félix Ouellet. Cette fois, malheureusement, je peux juste y aller le samedi, mais avec douze bands bien bourrins à l’affiche ça devrait satisfaire ma faim plus qu’en masse.

SENTIMENT DISSOLVE commence les festivités avec un death metal plutôt technique et prog, devant une foule qui penche plus vers le brutal ou l’old-school, mais les p’tits gars de London Ontario relèvent le défi avec brio vu que leur stock respire bien et a assez de passages accrocheurs pour nous faire aller la tignasse et partir un pit vers la fin. Ils semblent être très contents d’être là et reconnaissants du bel accueil qu’ils ont reçu.

On descend l’escalier pour aller au Steak Liquide, le bar situé drette en bas de L’Entité. L’an dernier, j’avais bien aimé son utilisation pour le pré-fest du jeudi soir, mais là c’est pas mal trop paqueté et il fait chaud là-dedans. Je me faufile pour voir le show de OATH OF ANGUISH, un quatuor qui sonne la tabarnaque de tonne de brique, avec chugchugs, tone de guitare bourdonnant et une bonne grosse voix gutturale.

Puis c’est ANGEL MORGUE, du New Hampshire, jouant au nord de la frontière pour la première fois. Mes chums les attendent avec anticipation et chus loin d’être déçu, étant déjà complètement vendu à ce sous-genre evil, caverneux, mélasseux mais néanmoins plein de changements de tempo jouissifs. Yesss!

La microbrasserie Nouvelle-France a un petit chapiteau sur place où on peut se procurer leurs produits, incluant trois exclusives: une pilsner de souèf à l’image du QCDM BBQ 6, une stout impériale en collab avec Obsolete Mankind, et aussi une sûre aux framboises en l’honneur d’Incantation! Pas trop le style de bière auquel je pense quand on me nomme ce titan du death metal, mais pourquoi pas au fond?

BADASS COMMANDER a commencé quand j’arrive en bas, c’est un point fort de ce système à deux salles d’avoir un set qui commence immédiatement quand l’autre finit, et j’applaudirais ça d’habitude mais le QCDM a jamais trop eu de problèmes de fuckaillage entre les bands et en fait je me réjouirais d’une petite pause de 10-15 minutes dans ce contexte où je croise une fois par année tous ces vieux chums tripeux de la même crisse de musique de tout-croches. Dans cette optique, je sors piquer une jasette avec Félix de Sherbrooke (un troisième Félix?! dans la même pièce?!?!?!) et je suis éberlué d’entendre comment fort la musique est, même rendu dehors. Les portes et fenêtres du bar sont grandes ouvertes et donc les blasts et grognements se font entendre à haut volume dans la rue, qui est l’artère piétonnière touristique principale de Trois-Rivières et donc complètement bondée de vieillards, de familles et de visiteurs étrangers! Ils manquent pas de nous regarder bizarre, et il y a de quoi qui me dit que cet arrangement avec le Steak Liquide durera pas, mais qui sait?

ROOT CELLAR sont là pour la deuxième année de suite, encore froqués avec des masques de monstres et des chemises à carreaux déchirées. Ils jouent donc un death gras et gory à souhait qui se prend bien, j’assiste à quelques tracks avant de sortir manger des hodoilles et des blés d’inde, encore une fois préparés par Monsieur Sexy Barbecue et son légendaire combo tablier et ceinture de balles.

Je me fais aborder par Ben et Caro, qui m’ont reconnu des vidéos YouTube que je faisais autrefois au sujet du metal et du punk en Chine. Ils ont voyagé beaucoup et donc on jase de ça un peu, mais je veux pas trop manquer du set de MORTAL RITES, un tout jeune groupe de moitié Québec et moitié Gatineau. Ils nous garrochent quelques belles pépites de death avec une saveur bien old-school et c’est bien tight. Ensuite c’est DECEREBRATION, que je confonds toujours avec Disembodiment, un groupe qui roule depuis 30 ans et qui a su garder un son bien 90s même sur ses albums plus récents. On a bien tapé du pied et headbangé tout le long, jusqu’au I Despise qui clôt le set.

Je pense bien que CYSTIC EMBALMENT est le band que j’avais le plus hâte de voir à cette édition du fest, portant l’étendard couvert de sang, de marde et de morve du mouvement goregrind. Ils sont nouvellement arrivés sur la scène, et après quelques splits et EP bien purulents, ils ont sorti deux albums back-to-back (Folklore de fond d’égoût et Bardassage auditif) qui ont reçu pas mal d’attention dans cette niche et que j’ai écoutés à maintes reprises assis à mon bureau à la job pendant que je prétends être un employé modèle. Ils oeuvrent en power-trio, avec un micro pitchshifté et un pour les cris plus stridents, enchaînant des ritournelles comme Tête première dans souffleuse, Poutine mycose extra motons et Boucherie au 5720 Décarie pour notre bon plaisir. Ils chient même un cover de Machetazo au milieu de tout ça. Superbe stuff.

Les prelims sont finis, là on amorce la main card, et c’est ZERO STATE qui fait son deuxième QCDM en trois ans. En 2023 ils ouvraient la soirée, mais là à force de tourner sans arrêt (heille calisse, j’habite pas au Québec, je viens juste visiter occasionnellement et j’ai quand même vu ces zigotos en live quatre fois) ils se sont fait un nom et ont rodé leur produit au point qu’ils ont la foule dans le creux de leur main tout le long, de breakdown à solo endiablé en passant par toutes sortes de riffs groovy et accrocheurs, comme dans Divine Carnage et son beat illégalement dansant. Meilleur set de toute la journée? En tout cas, comme à chaque fois je plains quiconque joue après eux, ils ont intérêt à envoyer la sauce.

…et on est pas surpris d’apprendre que les vétérans de OBSOLETE MANKIND sont à la hauteur de la tâche. Du début à la fin ils nous rincent les oreilles comme du monde, frontés par Marie-Hélène Landry et son vocal varié et décontenançant. Même si c’est un amalgame assez récent formé par des membres de divers autres bands de la scène montréalaise (Despised Icon, Atheretic, Neuraxis…), ils ont pas joué de show depuis un bout supposément, mais ils sont très tight et on voit que ce sont des pros. Un moment donné, Étienne de Phobocosm et Vengeful va growler comme invité, juste qu’il est déguisé avec du linge de toutes sortes de couleurs fluorescentes, j’ai pas trop compris pourquoi.

Après un peu de chamboulage comparé à l’affiche initialement annoncée en mars, c’est PYREXIA qui nous servent de co-headliners, et donc on a droit à une grosse pelletée de death groovy et chuggy, fackin’ New Yawk style. Bien que ce soit rendu un peu un groupe zombie bâti autour de Chris Basile, l’unique membre original (hell, l’unique membre pas arrivé il y a une dizaine d’années ou moins), c’est toujours nice à entendre, moi c’est ma troisième fois mais pas mal de mes comparses les ont jamais vus avant et tout le monde semble bien satisfait. Ils terminent le set en invitant les fans à remplir le stage et headbanger avec eux.

Je dois avouer que j’étais pas si excité quand j’ai vu qu’INCANTATION sera le groupe principal de la soirée. Don’t get me Wong, j’aime Incantation, t’aimes Incantation, ta grand-môman aime Incantation, tout le monde aime et respecte Incantation. Juste que je les ai vus en show somme toute assez souvent, alors qu’il y a des formations de death metal classiques qui s’échappent encore au travers des mailles de mon filet et qui seront sûrement pas là pour des décennies encore. Et aussi, je me disais que, contrairement à Massacre l’an passé qui nous a bien réveillés et animés, le doom-death d’Incantation risque d’avoir un effet soporifique sur une crowd qui vient de se taper un après-midi entier de gros death, sans compter les crinqués qui étaient là la veille!

Mais hey, ils sont là, l’énergie est positive alors qu’ils prennent le stage, et quand tu es fan de death metal et que Incantation joue, tu farmes ta yeule et tu headbang, surtout si tu reçois une gâterie du genre un set spécial dédié à Onwards to Golgotha! Le monumental album de 1992 est donc joué dans son intégralité, et après les dernières notes de Deliverance of Horrific Prophecies, John McEntee fait un petit speech remerciant tout le monde, surtout l’gros Félix, qu’il connaît depuis 30 ans. Aussi, tout le long du show, il y avait deux gars avec des genres de bonnets sur la tête comme dans le film Coneheads, et après s’être fait assez haranguer, McEntee en a mis une sur sa tête aussi.

Il annonce aussi qu’ils vont jouer quelques tracks de plus, avant d’enchaîner trois vieilles et une toute nouvelle: Eternal Torture, Concordat, Ibex Moon et la simonaque de crisse de Impending Diabolical Conquest, qui devrait être une écoute obligatoire pour les poseurs automatiques qui semblent avoir pas compris que le death metal c’est le métal de la MORT! Incantation c’est the shit, c’est sûr que j’aurais été un peu plus fébrile et satisfait si ça avait été un band qui aurait coché une case de ma liste (comme Deicide ou Malevolent Creation disons) mais rien à dire, excellent headliner.

Gros succès encore une fois. Tout le monde avait un gros cheese dans face en sortant de L’Entité, longue vie au QCDM BBQ et au vrai death metal \m/ \m/

One thought on “Compte-rendu: QCDM BBQ 6

Add yours

  1. Excellent review mon cher Félix. On est partis un peu vite, les gars voulaient décoller illico et je pouvais pas manquer mon lift haha. Mais c’était un véritable plaisir te revoir mon ami. Je te souhaite de très belles vacances au pays de la poutine, et salutations à ta copine. Au plaisir !

    Like

Leave a reply to Anonymous Cancel reply

Website Powered by WordPress.com.

Up ↑