Le grand road trip chinois, segment 11: Tangshan – Qinhuangdao

Extrait de mon journal, 9-10 juillet 2021

Distance parcourue : 247 km (total 2533 km)

Après deux jours à Tangshan, la ville du nord de la Chine où j’habitais en 2010, je me suis réveillé à 9 heures, j’ai pris le déjeuner de l’hôtel et j’ai lentement paqueté mes affaires. J’ai pris la route et me suis dirigé vers l’est, pour finalement arriver à Shanhaiguan.

Il y avait des checkpoints de police au début et à la fin de mon itinéraire, je me demande bin pourquoi, on est pus à Beijing. Les deux fois, on m’a dit de me parker sur le bord de la route et de leur montrer mon passeport, qu’ils ont feuilleté avec les expressions les plus confuses sur leurs faces. J’imagine il y a pas trop d’étrangers qui se pointent là. Ils étaient assez amicaux, me posaient des questions curieuses que je répondais avec des grognements monosyllabiques, mais ça a pris bin trop de temps les deux fois et ils ne savaient clairement pas quoi faire avec moi, préférant me garder là plutôt que de me laisser partir et de découvrir plus tard que leur fatiguant-en-chef voulait plus d’informations.

Shanhaiguan est la section la plus à l’est de la Grande Muraille, et il y a deux sites qui peuvent être visités, un qui est un peu à l’intérieur des montagnes et l’autre au bord de la mer. Chus allé aux deux mais j’ai pas payé pour rentrer, car je savais que ce serait trop cher pis qu’y laisseraient pas mon chien rentrer. Je pensais qu’au moins à “Vieille Tête De Dragon”, je pourrais voir le mur s’étendre quelques mètres dans la mer sans avoir à entrer dans ce cirque touristique, mais non, le tout est clôturé pour s’assurer que le péquenot moyen ait aucune vue. Ah ben.

Faque je suis allé vers le sud jusqu’à Qinhuangdao, et depuis l’autoroute, quelque chose a attiré mon regard sans que je sache c’est quoi au départ. C’était une série de longues pentes raides parallèles sur le bord d’un grand building, je me demandais si c’est des glissades d’eau, mais peu après j’ai vu un gars avec un casque glisser sur des skis, pogner un saut en bas et faire des flips. Woah! C’est un centre d’entrainement de ski acrobatique?! J’ai pris la prochaine sortie et j’ai essayé de le trouver, je pouvais pas vraiment aller proche mais j’ai vu un autre gars descendre, faire ses pirouettes, et atterrir dans une piscine. Ça a l’air assez épeurant.

Qinhuangdao a une immense plage, et je me suis éffouairé dessus en fin d’après-midi, regardant le monde passer. Il faisait un peu froid, et je ne peux pas dire que j’étais en maudit contre ça, après un mois de températures infernales depuis que j’ai commencé le road trip. J’ai monté ma tente dans le sable après avoir reçu la confirmation d’un ami d’un ami via WeChat que c’est pas interdit, juste que je ne peux pas faire de barbecue sur la plage. Il y avait quelques tentes installées, mais en fin d’après-midi ils ont paqueté tout ça et sont partis, les Chinois font pas beaucoup de camping mais aiment apporter une tente au parc ou à la plage juste pour avoir un petit coin pour chiller à l’abri du soleil. J’ai commencé à hésiter et finalement j’ai déplacé la tente proche d’un groupe de gros bateaux échoués recouverts de toiles, où elle serait moins visible que dans le grand espace ouvert et qu’il y ait moins de chances qu’un policier random vienne me faire chier au milieu de la nuit.

J’avais de la bière dans le char mais elle était rendue plus chaude que de la pisse, alors chus allé dans un magasin et j’ai demandé si je pouvais laisser une canette dans leur congélateur de crème glacée. Ils étaient bin gentils et ont dit oui sans hésiter, et pour supporter l’attente j’en ai acheté une fraîche, une noire brassée localement.

Après avoir bu mes bières et mangé un dîner de restants de viande de barbecue que j’avais gardé dans le fridge de l’hôtel, je me suis couché et je me suis endormi rapidement, pour une fois. Mais ça a pas duré; plus que les nuits précédentes dans la tente, je me demandais si j’aime vraiment le camping ou juste le concept du camping. Y avait des maringouins sales, probablement à cause des flaques d’eau de pluie dormante sur les bateaux échoués, et à mon insu, ils sont entrés dans un petit trou dans mon moustiquaire, ruinant ma santé mentale toute la nuit. J’en ai tué des dizaines, sentant avec satisfaction (et un léger dégoût) la petite masse de leur corps éffouairé rouler sur ma peau, mais les estis continuaient à venir, sifflant à côté de mon oreille toutes les 3 secondes. Même le chien était toute énarvé, à essayer de les attraper comme si y était un lézard.

Et même durant les quelques accalmies, les gens à l’extérieur prenaient leur place. Il était maintenant environ 2 heures du matin, et il y avait encore des groupes sur la plage qui se gueulaient après. Les familles étaient parties, remplacées par des adolescents, les ricanements chantants des enfants faisant place aux cris aigus des femelles et aux niaiseries vulgaires de saoulons de la part des mâles. Fucking hell, y ont nulle part à aller?! Les Chinois semblent travailler en shifts pour assurer une pollution sonore maximale 24 heures sur 24.

Je sais même pas si je me suis endormi pour le reste de la nuitte à part quelques minutes de sommeil superficiel. Le soleil était levé à 4 heures du matin et moi aussi, les seuls signes de vie étaient des gens qui marchaient dans l’eau avec des chaudières, à la recherche de crustacés quelconques (et se criant après à 200 mètres de distance bien sûr) et des tas de vidanges icitte et là dans le sable, où une famille particulièrement mange-marde avait fait son pique-nique. J’ai plongé dans l’eau parce que je me disais que je pouvais pas venir sur le bord de la Mer Jaune sans faire une saucette, l’air du matin était froid mais l’eau était à la température parfaite. Le chien me regardait depuis le sable, c’était sa première fois à la mer et il était un peu confus l’eau salée et les vagues qui allaient et venaient. Pendant que je paquetais la tente, il s’est roulé dans le sable, je suppose pour gratter ses piqûres de maringouins. J’y ai pas beaucoup pensé au début, mais quand on est arrivés au char et qu’il a pris place sur le siège passager, une odeur épouvantable de poisson pourri a envahi tout l’espace. J’ai ouvert les fenêtres vite en simonaque.

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