Quand je savais que je viendrais faire un ti-tour en Urope cet été, je me suis mis à la recherche de festivals de musique qui fitteraient avec mon horaire et mon itinéraire général, et un individu anonyme sur un forum m’a suggéré le Hole in the Svn (le v au lieu du u c’est pour faire trve black metal), une petite célébration avec juste quelques centaines de trippeux, quelque part dans le centre de l’Allemagne.

Faque j’arrive à Frankfurt et j’y passe une journée à glander et déambuler dans ses rues, et je suis agréablement surpris: on m’en avait parlé comme d’une ville sans intérêt aucun, mais avec des attentes aussi basses et mon habitude générale de juste marcher des heures et des heures, malgré la grosse crisse de chaleur, j’y trouve des quartiers intéressants où il semble faire bon vivre, une vieille ville reconstruite (ayant été décalissée par la guerre bien sûr) mais photogénique, un skyline concentré et des bonnes opportunités de juste s’asseoir pour faire du people-watching et boire une bière ou le cidre sûrette qui est la spécialité alcoolique de la place.



Et en cherchant par curiosité “punk Frankfurt”, le A.I. de Google me dirige vers un petit bar voûteux où ANGRY ZETA, un quatuor de folk-punk/bluegrass de Buenos Aires, donne un show assez endiablé et original.

Je reste proche de la gare de trains, juste de l’autre bord du Bahnhofviertel, le secteur que maintes personnes sur internet et dans ma vraie vie m’ont dit que c’est à éviter, même en plein jour. Naturellement, ma curiosité est piquée, hmmm, peut-être un mauvais choix de mots je viens de faire là, vu que c’est le genre d’endroits où tu vois des junkies, des crackheads et des trankzombies faire de la drogue complètement dans l’open, assis à terre macérant dans leurs immondices. Certains sont debout, ou en tout cas sur leurs deux pattes mais pliés en deux, nu-pieds et en bédaine, râlant, complètement dans leur monde. Ah, l’empathie suicidaire allemande (et ouest-européenne en général) et leur “esprit tellement ouvert” que leur cerveau, pourtant capable des plus grandes choses, coule par l’ouverture. Je donne trois bras de distance à cette misère humaine, pas juste à cause de leur odeur, mais aussi parce qu’ils semblent assez imprévisibles même si ils ignorent mon existence à part un ou deux qui murmurent de quoi d’incompréhensible la main tendue. Même sur Kaiserstraße, une des artères les plus gentrifiées de la place, on a droit au spectacle assez effarant de deux gars assis au pied d’un arbre en train de chauffer une pipe à crack ou à meth, en tout cas le genre de tube avec une boule au bout, à quelques mètres d’un gros groupe de Chinois attablés en plein air en attendant leur souper. Au resto marocain voisin sur le point d’ouvrir pour la soirée, deux serveurs arabes clean-cut, avec des gants et un sac de vidanges, nettoient leur propre terrasse des seringues, des botches de cigarettes et des canettes de bières laissés là par la population locale durant leurs heures de fermeture.
Quant au côté red-light district de la chose, c’est triste en sacrament, il y a pas le côté joyeux et coloré des scènes qu’on voit à Bangkok, ou l’aspect curieux et juste légèrement sordide de Amsterdam. Juste une ou deux rues de bordels bizarres très peu attirants, de cabarets-casinos louches et de Somaliens qui te regardent croche, aucune idée si ce sont des pimps ou des parasites opportunistes.

L’air climatisé de mon petit hôtel cheapo est hors service, ce qui est catastrophique, dans cette canicule. Le comptoir me prête le ventilateur le plus faiblon de l’histoire de l’humanité, mais en le déposant sur deux poubelles empilées à côté du lit et en me plaçant de travers, tout nu sans draps, la face accotée dessus, j’arrive à dormir. Hakuna matata.
Je me réveille tôt et je vais à la gare, où mon ami Jeremy vient d’arriver de Prague en bus de nuit. Il m’annonce une mauvaise nouvelle, comme quoi notre train est annulé. Le gros panneau qui annonce les départs a plein de X et de messages en rouge, on va s’informer et on se fait dire qu’il y a eu un incendie quelque part qui a détruit leur système de signalement, donc toute la région au nord de Frankfurt est hors-service. Ils nous proposent un itinéraire alternatif:
- Prendre le S-bahn jusqu’à Bad Vilbel Süd
- Reprendre le S-bahn jusqu’à Bad Vilbel Nord, vu que l’estie de mêlée nous a dit d’aller à la mauvaise place
- Chercher pour l’esti d’autobus parce que y a aucune pancarte ou être humain qui dit où aller
- Prendre un autobus qui se rend jusqu’à Gließen, en arrêtant à chaque petit bled en chemin
- Prendre un train jusqu’à Kirchhain
- Prendre un autobus local jusqu’à Ernsthausen
- Marcher deux minutes jusqu’à notre logement
Pas trop impressionné par le réseau ferroviaire allemand moé là. Jeremy me dit que c’est connu, ça va de pire en pire leur affaire, comme dans bin des pays d’Europe.
Reste qu’on est arrivés à destination, un minsucule village allemand ultra-pittoresque, qui semble figé dans les années 1800, avec des maisons en bois typiques. On trouve la place que j’ai réservée avec Booking.com, je pensais ce serait un genre de scénario AirBnB où un coupe âgé loue un étage de leur maison, mais non, ils ont bâti une aile au complet et il y a quatre chambres en tout. Elles sont prises toutes les quatre, évidemment par des gens avec des t-shirts noirs avec des logos satanistes, je me demande si ils ont beaucoup de clientèle le reste de l’année. Ils disent que oui, mais pas tant des touristes, surtout des travailleurs temporaires de Pologne et de Tchèquie.

Nos voisins, deux gars venus de quelque part d’autre en Allemagne, nous disent qu’ils se rendent au supermarché avec leur char et nous invitent à se joindre à eux. Bin gentil. Ils entrent, ramassent une caisse de douze, et vont direct à la caisse. Je me sens un peu mal, nous on veut faire une épicerie pour avoir de quoi à déjeuner durant les trois jours du festival, mais ils disent “Kein problem, wir warten dich” et nous attendent pendant on ramasse des oeufs, du pain, et du stock pour faire des pâtes, en plus de quelques bonnes grosses bières allemandes bin sûr. Une énorme section du supermarché est dédié à la bière, mais il y en a pas au froid, à cause d’une de ces esties de lois gossantes, comme si c’était pour empêcher… quoi? Que le monde en achète et les boive avant d’être sortis du parking? Bizarrement, le cidre est pas touché par cette loi niaiseuse, alors c’est ça que je bois en premier en attendant que mes bières refroidissent dans le frigo de l’auberge.
Puis on se rend au festival, à 5-6 kilomètres de là, proche du village un peu plus gros mais quand même minuscule de Rauschenberg. Notre hôte est un gros patibulaire plein de tattoos qui possède plusieurs Harley-Davidsons, et il offre de nous emmener là avec sa camionnette. Le problème est qu’il y a juste un petit siège arrière à deux places, vu qu’il l’utilise surtout, j’imagine, pour transporter ses motos, alors je m’assis à terre.

On arrive au festival, on reçoit nos bracelets, et on attend que ça commence. NIHILVM de Pologne entame les festivités, un quatuor corpsepainté qui performe un black metal efficace. J’aime bien le style vocal du chanteur, qui au lieu de faire des shrieks aigus, pousse des cris en voix claire comme une incantation religieuse, avec quelques growls ici et là.

Puis c’est SÉPULCRE, le groupe que j’avais le plus hâte de voir. Leur EP de 2022 The Cursed Ways of Sheol avait été le coup de foudre à la première écoute pour moi qui suis fan de death caverneux devant l’éternel, et ils donnent un excellent show, alternant entre grooves, séquences blasts, toupa-toupas, un peu de doom. Fucking bon.

TROGNE arrivent avec le coucher du soleil. J’ai jasé brièvement avec leur vocaliste Guillaume, il m’a expliqué la genèse du band: un promoteur en Suisse avait besoin d’un band d’ouverture, mais aucun était disponible, alors des gars de divers groupes ont mis sur pied un side-project. Ils se sont enfermés dans un local pendant trois jours, se sont défoncés la gueule, ont pondu des riffs, et le lendemain ils ont réécouté ça, répété avec peu de modifications dans une éthique “le mieux est l’ennemi du bien”, avant de se saouler de nouveau et continuer jusqu’à ce qu’ils aient 30 minutes de musique. Et en effet, leur stock possède un aspect spontané et cru, en plus d’être une célébration à la consommation d’alcool. Ça va du doom au black au sludge, et même si il y a des longs passages pesants, c’est plein d’énergie, avec Guillaume qui semble possédé par le démon et qui descend dans la foule pour verser des liqueurs bizarres suisses dans la gueule des gens.

Ensuite c’est WINTERFYLLETH qui clôt la soirée, après un interminable soundcheck. Le groupe de Manchester est assez prolifique, neuf albums depuis 2007, j’en avais écouté quelques-uns et c’est pas trop ma tasse, un black metal mélodique et un peu surproduit pour moi qui aime ça raw et méchant. Et ouin, c’est pas mal le même effet qu’ils ont sur moi en cette soirée du Solstice d’Été. C’est pas mauvais ou rien, juste un peu linéaire et drabe à mon goût, et la fatigue se fait sentir aussi, j’imagine.

Le deuxième jour commence avec TEMPLE, le seul groupe allemand du festival, et leur black metal sans compromis. Ils sont tout froqués et peinturés, et leur chanteur est couvert de sang. Un moment donné il ramasse un bol en bronze et le lève, je pensais il était pour se le verser dessus, mais au lieu il garroche du sang sur le monde devant lui, et je me fais manquer de peu. Ewww. La question est c’est du sang de quel organisme?

DIM AURA nous arrivent d’Israël. Leurs premières tounes ont un côté d-beat ou black n’ roll charmant, ensuite ça vire en black metal plus traditionnel, avec beaucoup de mid-tempos. Puis c’est PROFANATION, et holy saint-tabarnak du calisse qu’on se fait défoncer! Leur OSDM crasseux et percussif fait mouche, il y a même quelques craqués mentaux qui partent un petit moshpit dans le no man’s land entre les quelques mètres devant la scène, où il y a de l’ombre, et une place sous une toile plus loin en arrière. Les gars (et la fille) de Sépulcre sont là à l’avant, headbangant et supportant leurs compatriotes, quand même assez malade et ironique que dans un festival de black metal allemand, ce soit deux groupes de death metal français qui ont volé le show à présent!


Les Suisses de ANTIVERSVM vont pas laisser le mood descendre, et ils nous jettent un beau black metal qui me met en transe, un band à l’aise autant dans l’atmosphère que les riffs. Je commente à Jeremy après le show comme quoi c’est le genre de musique qui m’endort, et c’est pas une insulte du tout; à la maison j’ai un lecteur mp3 défectueux mais qui peut quand même jouer de la musique, je l’ai rempli de black metal de ce genre et je le laisse branché à un haut-parleur à côté de mon lit, où je mets souvent la playlist à bas volume la nuit.

Le groupe suivant est CARONTE, venant d’Italie pour jouer un genre de doom occulte à voix claire, et après une demie-toune, je nope out of there. Vraiment pas mon style. On décide d’aller prendre une marche pour changer d’air un peu, désaturer nos cerveaux pleins de musique extrême, et aussi aller visiter le village qui semble très joli. Le paysage des environs est très vert, plein de faux-plats et alternant entre champs et forêts, et le village de Rauschenberg apparaît entre deux vallons, avec des maisons juste trop fucking médiévales qui me charment au plus haut point. Elles ont des toits à pic, un genre de frame en grosse poutres de bois que j’avais juste vu sur des photos auparavant, et elles sont énormes, je me demande si elles sont supposées être des unifamiliales ou si en, genre, 1520, plusieurs familles vivaient dedans.



On monte la côte pour aller checker leur église, et un peu plus loin il y a aussi les ruines d’un château. Je plisse les yeux pour essayer de déchiffrer le panneau en allemand, ça dit il a été érigé au 13e siècle mais détruit en 1646. Quiconque connaît l’histoire allemande sait que ça brassait en saint-s’il-vous-plaît durant ces années-là. Puis on va manger une pizza qui s’avère savoureuse au pub du village.


Une femme du coin nous offre un lift de retour au site, ce qui est le bienvenu, on aura pas à remonter la côte à la grosse chaleur et on manquera moins de musique. On arrive au milieu du set de SEKTARISM, groupe français de funeral doom qui a joué à la Messe des Morts l’an dernier. Ils sont froqués en moines, nu-pieds, et la pesanteur et l’extrême lenteur sont au rendez-vous. C’est bien, mais 20 minutes c’est assez.
J’avais bien hâte de voir GRAVE MIASMA et c’est excellent, un groupe que j’écoute depuis quelques années qui oeuvre à la frontière entre le death caverneux, le black et le war metal. Ils lâchent pas la pédale, c’est dans la patch du début à la fin. J’ai déjà rencontré leur guitariste-chanteur dans un show à Shenzhen, vu qu’il habitait à Hong Kong à l’époque; après le show je vais lui serrer la pince, il est amusé par cette coïncidence.

BYTHOS est un genre de supergroupe composé de membres de l’élite du black metal finlandais, Horna, Behexen, Chamber of Unlight, Sargeist et autres, ce qui est assez pour donner une grosse érection d’anticipation, mais je suis horriblement déçu, c’est lent, répétitif et plate en crisse. Semble-t-il que les gens ont aimé leur set, mais pas moi. Puis le co-headliner de ce vendredi est BEWITCHED, des Suédois vieux de la vieille qui vont rehausser le niveau d’énergie avec un black-thrash qui est quasiment plus du dirty rock n’ roll teinté de NWOBHM galopant, les éléments black étant de première vague et surtout dans les thèmes et l’aspect evil. Très sympathique.

La foule double pour DARVAZA, d’où sortent ces gens, coudon? Peut-être ils travaillaient et pouvaient pas se libérer, où ils se cachaient de la chaleur. En tout cas les Polonais donnent un sacrament de show, c’est intense à fond et plein de variété. Ils bénificient aussi d’un renouveau d’énergie de la foule qui sait que c’est le dernier groupe de la soirée et a pas à dealer avec des 38 degrés Celsius, et aussi du fait qu’il fait maintenant noir, ce qui ajoute une dimension à l’ambiance d’un show de black metal, disons-le. La machine à boucane se fait aller à fond la caisse et ils jouent dans un halo rougeâtre, souvent on voit juste les silhouettes, et quand ils émergent du nuage, ce sont des démons couverts de corpsepaint intimidant et vêtus de guénilles toutes déchirées. Quelle performance!


Le troisième jour commence, on prend ça relaxe en avant-midi et à exactement 13:30, on embarque dans la vanne. Les Allemands niaisent pas avec la ponctualité! À l’entrée du site, un colosse check mon sac vite fait, il contient juste mon étui à lunettes de soleil, ma crème solaire, une bouteille d’eau et une petite serviette. La sécurité du fest est assurée par un club de motards portant leurs couleurs, ce sont des Abutres, un club originaire du Brésil mais ayant des chapitres en Allemagne. Google me dit ils font beaucoup de travail de charité et de sécurité d’évènements comme ça, mais leurs vestes ont aussi des patches avec 1%, je comprends pas trop. En tout cas, ils sont super gentils et ont pas grand chose à faire en terme de contrôle de foule, le monde dans les festivals de metal sont assez placides d’habitude.
On y va avec deux bonnes pelletées de black metal bien bourrin teinté d’un peu de death, de la part d’ABYSSAL VACUUM de Lyon et NECRORACLE de Barcelone. Il fait chaud comme dans un four, et quand je vais me chercher une deuxième bière, j’ai une très mauvaise surprise, ils mettent une pancarte écrite à la main qui dit qu’ils en vendront pas jusqu’au coucher du soleil. What the fuck?!?!?! C’est quoi ce règlement drastique? On est-tu en Arabie Saoudite ou quoi? Ils me disent ils peuvent juste servir du “radler”, de la bière mélangée avec du Sprite. C’est pas dégueulasse, et c’est en effet rafraîchissant, mais bin moins bon que la bonne Bosch qu’ils servent. Heureusement, ils changent d’idée après une heure ou deux.



Le groupe LIGHT OF THE MORNING STAR est décrit sur Metal-Archives comme étant du gothic metal, oh boy, ça commence sur le mauvais pied leur affaire. Reste que j’aime bien leur show et je reste à la clôture tout le long. C’est pas aussi extrême que les autres à date, mais c’est suffisamment heavy, c’est bien performé et c’est original, en tout cas pour moi qui écoute pas trop ce genre de choses. Je penserais que le style vocal me gosserait, mais il est par nature assez minimaliste et laisse les riffs et l’atmosphère parler.

J’avais vu INFERNO au Steelfest, groupe tchèque faisant un black metal de type “mur de son”. Très nice, et même avec le soleil encore haut dans le ciel, ils créent une ambiance claustrophobe et sombre. Ensuite c’est un gros changement de style avec WHISKEY RITUAL, des Italiens qui fusionnent le black metal avec du gros crisse de rock n’ roll de bicycle à gaz.


MALAKHIM de Suède revient dans le black metal classique, et après une portion graisseuse de currywurst et de frites noyées dans la mayonnaise que j’ai acheté au food truck à l’entrée, c’est ADORIOR, groupe dont j’ai jamais entendu parler et que tous les nouveaux chums que je me fais entre les sets me disent que c’est à pas manquer. Le quintuor de Londres mené par une frontwoman toute énarvée est fortement ancré dans le old-school et le speed metal, mais avec l’intensité crinquée encore plus haut si c’est possible. Absolument fantastique set.


Le soleil entame finalement sa descente passé la ligne d’arbres, et on amorce le segment final avec les groupes les plus attendus, les “trois M”. MISOTHEIST de Trondheim nous ramène dans la pure tradition norvégienne des années 90, avec un corpsepaint parfaitement appliqué (pas juste 3-4 splashes de peinture dans la face et sur les bras, qui coulent avec la sueur), des riffs trémolo classiques, et des tounes entraînantes surtout dans le mid-tempo mais avec des séquences blast quand c’est le temps.

MEPHORASH prend du temps avant d’être prêts, dû aux problèmes de son (on me dit que la chaleur extrême a endommagé quelques appareils) et aussi qu’ils ont tout un décor, avec chandeliers, bannières, et costumes élaborés. Leur show est dans la veine de ce que Cult of Fire ou Batyushka font, une genre de liturgie religieuse élaborée, et je dois dire que ayant assisté à des vraies messes orthodoxes dans des monastères, ce genre de choses vient pus me chercher autant qu’avant. Très bizarre et unique nitpick, je l’admets volontiers, mais leur musique est excellente et leur set est apprécié. J’avais écouté leurs albums, comme tous les autres groupes du fest à part les additions de dernière minute, et je reconnais des bouts de Shem Ha Mephorash.

J’arrive à me faufiler à la clôture, un aspect plutôt cool d’un tel festival aussi petit, mais je suis drette devant le chanteur et il a accroché une large bannière à son pied de micro qui fait que ma vue est un peu bloquée. Comme le gars de Temple la veille, un moment donné il ramasse un bol, trempe ses doigts dedans, et pichenotte quelques gouttes sur le monde devant lui, comme avec de l’eau bénite, mais au lieu c’est du sang (ou du colorant, je l’sais-tu). J’ai donc quelques minuscules gouttes rouges sur mes bras, comme si j’avais gratté des piqûres de maringouin, et je me demande si je devrais décalisser avant qu’il verse le bol au complet, mais il le fait avec assez de force que la vague rouge passe par-dessus ma tête et les gars en arrière de moi la reçoivent en pleine face.
Avec le retard dans la programmation, c’est certain que MISTHYRMING aura pas fini quand la vanne viendra nous chercher à minuit et demi, or y est aucunement fucking question que je manque ça. Je prends donc la clé de Jeremy et lui dis de pas m’attendre. Ce groupe islandais est tout simplement fabuleux, je sais pas si c’est possible de dire qui donne le meilleur show sur la planète mais certainement ils sont dans ce club élite au sommet. Quelle énergie, quelle présence, quelle intensité, quelle atmosphère! Je suis en premières loges encore une fois, complètement en transe comme juste les fans de metal extrême peuvent l’être quand ils sont drette au bon endroit au bon moment comme ça, et je vire fou braque autant quand ils entament les riffs atmosphériques d’ouverture de Með harmi et Engin Vorkunn que dans les gros passages thrash qui me donnent le goût d’aller me joindre au pit en arrière.

Je pense rester un peu pour l’après-party, mais je suis claqué et il faut que je me rende à Ernsthausen à pied. Ça me prend un peu plus d’une heure, dans la noirceur quasi totale (au moins y a la pleine lune) sur des chemins étroits au travers des champs et des boisés. Je traverse un minuscule village complètement désert, un peu creepy, puis passé un petit pont le chemin disparaît, alors je rejoins la route via 800 mètres environ dans un champ, où mes souliers deviennent tout mouillés et je pogne de l’herbe à puce. Ah bin. 100% worth it.
Donc, en tout et pour tout, excellente expérience au Hole in the Svn. Hautement recommandé si vous êtes friands de black metal et de styles adjacents, si vous préférez les petits festivals intimes aux grosses productions, et si ça vous adonne d’aller dans le centre de l’Allemagne en fin juin.
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