Norcal luv

Je débarque du Amtrak en provenance de l’Oregon, et mon chum Nolan vient me chercher avec son petit pick-up un peu tout croche. Immédiatement je me fais mettre un joint dans bouche, meme si il est à peine 7 heures du matin. California baby.

La premiere moitié de mon long voyage de sabbatique s’est plutot bien déroulée, de la Mongolie au Belarus à l’Azerbaijan jusqu’à Dubai, de Hong Kong au Vietnam en train via le sud de la Chine, continuant vers le Cambodge et la Thaïlande, une étape à Singapour avant trois semaines en Australie suivies d’une traversée du Pacifique via les Îles Solomon, Vanuatu, Fiji, Samoa, American Samoa, Hawaii, avant de mettre le pied sur le continent nord-américain à Vancouver et de descendre à Seattle, Portland, Bend et maintenant Sacramento. Ouf. J’ai plusieurs potes dans le nord de la Californie, je vais en profiter pour leur dire un petit allo avant de retourner au Québec à temps pour les Fêtes.

Nolan a travaillé avec moi un an à Jinan, en Chine, et avec ses maniérismes et son accent, je pensais qu’il venait genre de la Virginie de l’Ouest ou de l’Alabama ou peut-être du Texas, mais non, bien qu’il soit nullement stéréotype norcal (a part son affinité pour l’herbe qui fait rigoler), il vient bel et bien de ce coin. Mais comme je me rends compte alors qu’on sort de la capitale d’état et qu’on se dirige vers le nord dans un paysage quasi-désertique, quand il dit qu’il vient de Sacramento c’est comme les Québécois que tu rencontres a l’étranger, qui disent qu’y viennent de Montréal mais qui s’avèrent être de Saint-Flavien-des-Souches dans les Laurentides.

On traverse des minuscules villes avec des noms espagnols, des gros pick-ups et des buildings beiges à un étage, et dans un de ces bleds, on arrête déjeuner. On commande des grosses assiettes d’oeufs brouillés avec de la saucisse épicée, des fèves noires et des tortillas, dans un diner où y a bin peu de visages pâles et d’anglais parlé aux tables voisines.

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Son village d’origine se nomme Meridian, 500 habitants, diminuant à chaque année. Sa plus grosse industrie consiste en les noix de Grenoble, et on se rend à une espèce d’usine en plein air pleine de gros tapis roulants où les noix se font emboîter. Nolan y fait du travail saisonnier depuis qu’il est revenu de la Chine, dont il s’ennuie, avec son mode de vie a la fois simple et frénétique, sa population féminine toute émoustiflée par ses cheveux blonds, et le bas coût de la vie. Fier redneck, la premiere chose il a fait en arrivant a Jinan fut d’acheter un petit bicycle à gaz bruyant, et il devint vite un membre à part entière de notre petite gang, à écumer les bars et spots à barbecue de la grosse ville nord-chinoise (dont je m’ennuie aussi). Autour de l’usine de noix, un terrain plein d’herbes folles est jonché de vieilles carcasses de camions, certains ayant l’air d’etre des reliques d’avant la Deuxième Guerre Mondiale. Je me demande si sont toutes placab’.

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On passe une journée à Meridian, puis on part en petit road trip vers le sud, ce qui nous emmène à Paso Robles, dans la Vallée de Napa (lalilala dans la vallée, hé, hé). On dort sur le couch d’un des amis a Nolan, et on passe un après-midi complet à se promener d’une dégustation de vin à l’autre. Pour genre 10 piasses tu reçois six coupes, et plus la journée avance, plus nous-mêmes on devient avancés. La blonde du gars qui nous héberge aime pas Nolan, donc m’aime pas non plus, et notre état d’ébriété aide pas les choses. Un moment donné elle pète une coche vis-à-vis comment on fait pas d’efforts pour apprendre au sujet de tous les vins qu’on boit, ce qui est un peu vrai, j’adore le vin, c’est un breuvage délectable, mais fuck moé si je vais faire des petits tours de poignet pour aérer le vin dans ma coupe avant d’humer son fumet et de dire des platitudes pseudo-intellectuelles dont tout le monde se calisse. Je le déguste et admire les paysages de vignes sous le ciel bleu, et je trouve ça bin plus naturel d’échanger des histoires vulgaires avec mes chums que de commenter sur les vins au-delà de “Wow, celui-là y est bon”

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On remonte vers Santa Cruz, et au motel cheap où on passe la nuit, une famille d’Allemands mangent leurs toasts et confiture à la table de déjeuner à côté de la nôtre. J’imagine que pour les touristes européens, les autoroutes infinies et restaurants de fast-food et banlieues grises doivent être aussi exotiques que les vieux bourgs aux rues pavées de briques asymétriques et les cathédrales le sont pour nous, sans compter bien sur les gros parcs nationaux americains incontournables. On a pas le temps (ou l’argent) d’aller aussi creux que Yosemite et tout ça, mais on va rouler dans pas mal de places assez magnifiques et intéressantes, avant que Nolan me depose à Watsonville, banlieue de Santa Cruz, où on se dit goodbye.

Le Thanksgiving est demain, et quand j’ai dit à mon pote Joey que je serais dans le norcal durant cette période il m’a invité à le passer avec sa famille. Je cogne à la porte de la maison de sa soeur, qui me souhaite la bienvenue, ainsi que son mari Alonzo, un grand monsieur avec une barbe grise et à qui il manque une main. Joey, qui habite à Los Angeles, arrivera juste en fin d’après-midi mais elle me dirige vers le garage, où je peux chiller avec les boys en attendant. Quand je rouvre la porte du garage transformé en mancave, avec table de billard, grosse TV et sofas, une dizaine de Mexicains de 15 à 30 ans lâchent ce qu’ils font et me regardent fixement, d’un air moitié curieux et moitié hostile. Trois secondes se passent, durant lesquelles je me sens comme Ethan Hawke dans Training Day, avant qu’un d’eux me dise “Ah, you’re uncle Joey’s friend uh?” et me tende le bong.

Quelques games de billard se jouent, un moment donné c’est mon tour et Alonzo se pointe, proclâmant qu’il va jouer le gagnant. Dès lors je me force, vu que je veux voir comment il va bin pouvoir jouer avec sa main manquante, dans mon état engourdi par le Cali weed fort et mon cerveau qui se fait aller dans tous les sens. Je gagne, et regarde de façon un peu amusée comment il accote la queue de billard sur son moignon mais réussit quand même à frapper la blanche avec haute précision, me câlissant une volée, j’ai rentré juste une de mes balles.

Joey arrive, et on se fait un gros hug. Je l’avais rencontré dans le dortoir de notre auberge à Amsterdam en 2007, où il sortait du lot comparé aux backpackeurs ordinaires, un Mexicain-Americain brun foncé de quasiment 50 ans avec un chapeau de cowboy et un t-shirt avec Enjoy Vagina dessus (imprimé dans le même style calligraphique que Enjoy Coca-Cola). “Nice t-shirt!” qu’on lui avait dit, et il s’est joint à notre soirée de beuverie. On est devenus chums toute la gang, et en 2011 j’ai été le visiter à LA, où il travaille dans l’industrie du porno (surtout dans les ventes, mais il m’a aussi montré quelques scènes dans lesquelles il a tourné, c’est bizarre en crisse quand c’est quelqu’un que tu connais).

On passera trois jours ensemble, Joey me conduisant autour des plages et autres attractions des environs et les places où il a grandi. Je trouve quand même comique que Santa Cruz (avec son nom espagnol) est plein de hipsters et yuppies blancs, alors que Watsonville est à majorité mexicain.

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Puis le soir du gros souper de l’Action de Grâces, d’autres membres de la famille eloignée se pointent, et on se gave bin comme faut, les munchies aidant. La table de la cuisine est couverte de la bouffe classique pour cette fête, la plus importante chez nos amis américains (plus que Noël): une grosse dinde, la farce, les patates pilées, la sauce aux canneberges, le cornbread, les patates douces, la casserole de fèves vertes, et bien sûr la tarte à la citrouille, dont je me ressers une pointe, pis une autre.

Je lève mon chapeau à la soeur de Joey et les autres tias qui ont mis la main à la pâte toute la journée pour preparer ce festin, mais en même temps cette cuisine all-American est un peu un pas en arrière en terme de saveurs comparé à la sublime bouffe mexicaine que j’ai mangé à chaque repas depuis que je suis arrivé dans cette maison, avec les tortillas cuits tout frais sur une plaque en fonte et toute le kit. Mais hey, leur peau brunâtre et leurs traits aztèques ou métis veulent pas dire grand chose au fond, ces gens sont américains, alors leur Thanksgiving se fait comme la tradition le veut, chaque année. Bien que tout le monde soit d’origine mexicaine à part moi et la blonde d’un des ados présents, un seul des convives est né au sud de la frontière, un des mononcs plus vieux. Je tends l’oreille et pose des questions (polies) pour apprendre au sujet de leur culture hybride, et je remarque qu’au moins 80% des mots echangés entre eux sont en anglais, avec un peu d’espagnol qui sort ici et là. Je suis un peu surpris d’entendre leurs opinions (pas très positives) envers les immigrants illégaux, et que certains d’entre eux votent républicain. Chose sûre, les minorités ethniques aux USA c’est pas le bloc monolithique auquel certains médias tentent de nous faire croire.

Le lendemain du Thanksgiving se passe dans un coma de bouffe et un léger lendemain de brosse, à regarder divers documentaires sportifs a la télé. En fin d’après-midi, Joey repart vers LA, et me dépose au centre-ville de Santa Cruz. J’ai quelques heures à tuer en attendant mon pote Cyril, qui revient de sa visite familiale dans son Kentucky natal plus tard en soirée. Je me balade un peu sans but précis, et un moment donné sur la rue piétonnière je tombe sur un combat de sans-abris, un blond et un mulâtre a la peau grise. Ils se chamaillent un peu, tombent à terre, luttent, et les badauds (comme moé) regardent avec une curiosité morbide. Soudainement le blond crie “MY EYE! MY EYE! HE’S STABBING MY EYE!” et un des passants, un gros Noir, s’avance et sacre un coup de pied sur la main du hobo grisâtre qui avait pris le dessus, faisant revoler le stylo qu’il utilisait pour essayer de crever l’oeil de son congénère puant. La police arrive peu après, les emmène chacun de leur bord et leur parlent, s’addressant à eux par leur prénom, j’imagine c’est pas leur premier rodéo.

La foule se disperse, et alors que chus dans une librairie à checker si y a pas un paperback pas cher que je pourrais pogner pour mon vol de retour, deux boeufs (un colosse et une minuscule femme) me demandent si j’ai été temoin de la bataille et si je voudrais décrire ce qui s’est passé. Ils prennent mes infos, je leur demande “Ça se pourrait-tu que je sois convoqué en cour? J’habite pas mal loin d’ici, tsé, je pars dans deux jours” et ils disent que c’est possible, si le blondinet porte plainte, mais qu’il y a d’autres témoins aussi alors ils se casseront sûrement pas la tête avec ça.

Je m’assis dans un pub sympathique, où je commande une pinte d’IPA et me connecte sur leur Wi-Fi. Je fais mes cossins d’internet et lis mon Kindle en attendant Cyril. Une dame blonde dans la quarantaine se pointe et me dit “Hey on a remarqué que t’es seul, tu veux venir t’asseoir avec nous?” Je refuse poliment et dis que chus bin correct à juste lire mon livre et que j’attends un ami, elle se penche et chuchote qu’en fait elle me trouve cute. Elle ecrit son nom et son numéro sur l’endos de la carte de la police de Santa Cruz qu’un des cops m’a laissée, puis retourne à sa table, où elle s’assoit sur les genoux d’un moustachu, me faisant de l’oeil. Bizarre ça. Je mets la carte dans ma poche de chemise.

Peu après, ils quittent le bar, et quand elle passe à côté de moi, main dans la main avec le moustachu, elle me regarde et mime les mots “call me!”. Ça me tente bin, elle est plutôt milfy, et j’ai pas baisé depuis Fiji. On verra ce qui se passe dans les prochains jours.

Une bière plus tard, je suis encore là, et j’ai reçu un message de Cyril me disant qu’il a atterri et viendra me rejoindre au pub sous peu. La MILF revient, seule. “Ah, t’es encore là?” Je sais pas trop quoi répondre qu’un petit hochement de tête et un haussement d’épaules, pis y a de quoi qui me dit que c’est ce sur quoi elle comptait anyway. Sa détermination m’impressionne, et aussi me surprend, je suis pas riche ou ridiculement handsome alors pas le genre de gars qui reçoit de telles avances aussi explicites régulièrement. Surtout que malgré son âge, elle l’a encore, et j’ai toujours eu un faible pour les femmes plus âgées, pendant un boutte en Chine la tranche d’âge 40-45 était mon sexual bread n’ butter, un peu par hasard et aussi par design.

“Ça te tente-tu de venir chez moi?”

“Pis le moustachu, lui?”

“Ah, c’est rien qu’un ami”

“As-tu du weed chez toi?”

“Ouin”

“Vendu”

Je me dis que Cyril va comprendre. Je lui envoie un message sur Facebook, du genre “Yo man, y a une fille qui m’invite chez elle, je te contacte demain OK?” J’ai pas de carte SIM, faut j’aille du Wi-Fi.

Le lendemain, je me fais déposer par la MILF à un spot de brunch, où Cyril est déjà attablé, un gros sourire dans face, l’air de se dire “Eeeeesssssti” (ce qui, à y penser, se traduit pas trop en anglais uh? Une des raisons pourquoi j’aime écrire en français). En me connectant au Wi-Fi de la MILF entre deux séances j’ai vu les messages que Cyril m’a envoyés en reponse, même pas une minute apres ma déconnexion:

cyrilmessage

Pis là y m’explique que le “my bad” est à cause que quand y était quasiment rendu, il m’a vu sortir dans la nuit, avec une MILF blonde, bras dessus bras dessous. “Good job”, me dit-il avec cette genre de complicité bien masculine. Il mentionne la fois, quelques années auparavant, où j’étais supposé rester chez lui en visite à Beijing mais qu’à la dernière minute j’ai accepté l’invitation (très directe) d’une ancienne FWB, et ouin y a un parallèle à tracer, surtout que comme j’ai dit ce genre de choses m’arrive pas souvent, comme bien des gars ordinaires faut je travaille pour. Drôle de coïncidence que ce soit arrivé avec lui à deux reprises, il doit vraiment penser chus un pimp.

Autour de nos déjeuners graisseux, on catch up. Depuis qu’il est parti de la Chine il travaille comme ingénieur pour Apple, ce qui est très bien payé mais évidemment le coût de la vie est astronomiquement plus haut, et comme Nolan (et pas mal de mes chums qui ont laissé la Chine derrière eux, le genre de shit qui me pousse à rester dans ce pays un peu hostile bien passé ma date d’expiration) il s’ennuie du côté wacky et de nos aventures là-bas. Il est souvent envoyé en Chine pour sa job, ce que les autres ingénieurs détestent, mais lui il a toujours hâte. Alors que ses collègues peu aventureux restent dans leur chambre d’hôtel et commandent du room service hors de prix, lui il prend son gros per-diem de 1500 yuan et va manger un bol de nouilles à 20 yuan avant d’aller dans un bar miteux jaser avec son chinois tout cassé mais enthousiaste avec les serveuses, se rappelant les années d’insouciance où il travaillait 15 heures par semaine comme prof de physique.

“Sinon les trips en Chine c’est pas du bonbon, c’est des heures et des heures à me faire conduire d’une usine de dildos à une autre dans le milieu du nowhere, à faire du quality control. C’est épuisant. Tu croirais pas à ça le niveau de chabuduo (差不多, “à peu près”, tendance chinoise à couper les coins très ronds) on display.”

“Je peux yinque imaginer, j’ai lu Poorly Made in China. En fait c’est drôle, je pensais que le livre serait banni en Chine, mais y en avait en ligne sur Taobao, quand je l’ai reçu c’etait une copie mal photocopiée, y avait des passages que j’avais de la misère à lire. Ironie!”

On lève nos verres de jus d’orange et on toast à la Chine.

Cyril habite une maison dans les collines, entourée d’arbres, avec des grosses baies vitrées. Il la partage avec un autre jeune ingénieur, un dude amical et de conversation intelligente, qui aime les mêmes affaires de pop culture que moi. On passe le milieu de la journée a regarder des épisodes d’Archer en buvant de la bonne bière (je pense même pas avoir vu de la bière pisswater mainstream depuis chus arrivé sur la west coast, à part la Rainier si ça compte, affectionnée par les hipsters seattleois) avant d’aller faire un tour en ville puis d’aller manger du barbecue.

Bon. Le barbecue pour les Américains, surtout les sudistes, est comme une religion, et y a de l’astinage sans fin à ce sujet. L’orthodoxie culinaire en général est un gros point de leur culture, et c’est paradoxalement une des choses que je déteste et que j’aime le plus d’eux, en fait on pourrait soutenir la thèse que nos amis les Amarécains sont capables du meilleur et du pire à bien des égards, quand on y pense. Cyril, même si il est eduqué et tout le kit, est un good ol’ boy avant tout, donc s’y connait en barbecue, et m’assure que l’endroit où on se dirige, un peu creux dans la campagne, est legit.

Tous les éléments y sont, en tout cas de ce que j’ai lu au sujet du North Carolina-style whole hog BBQ dans le livre Cooked de Michael Pollan: une maison blanche en planches, un signe en néon qui date, un menu assez limité (genre, de la viande, pis des accompagnements) et un pitmaster noir âgé. En bonus, un duo de vieux mononcs est sur le stage, à jouer expertement du blues. Un extraordinaire repas, pis pas très cher en plus.

Mon vieux chum me paye définitivement la traite, puisqu’il a réussi a pogner des billets pour la game de football entre Stanford et Notre-Dame (dont la prononciation est aussi massacrée que tu peux imaginer lorsque sortant de la yeule d’un Américain). Assister à du college football est évidemment de quoi sur ma liste de chaudière, et l’expérience est très bien, surtout précédée du tailgating: avant la game, tu te promènes dans le stationnement où des gens boivent de la bière en canne (la pisswater fait finalement son apparition, rapport quantité-prix oblige) et font cuire des saucisses à hot dog sur des petits grills de camping. C’est très convivial, et les gens partagent ce qu’ils ont, à moins que tu aies la mauvaise couleur de gilet. Je me fais dire qu’évidemment c’est à bin moins grosse échelle que dans le sud ou genre dans l’Ohio, où le football universitaire est énorme, mais Stanford est un des gros programmes sur la west coast, et Noater-Daym est une des équipes les plus connues au pays, reconnaissable à leur logo d’un petit farfadet qui veut te péter la yeule.

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La game est enlevante, avec le stade rempli à ras bord de fans en rouge, et finalement Stanford scelle le deal avec un botté de 3 points. Les bons gars ont remporté le match, tout le monde est content.

Puis on se dirige vers San Francisco, où Cyril nous a reservé une chambre d’hôtel assez luxueuse, avec les points accumulés à force de se faire envoyer au bout du monde. San Fran est le genre de ville incontournable dont tout le monde a entendu parler et vu des images, et ouin c’est assez pittoresque, la baie, les longs ponts, les petites maisons en rangée sur des pentes douces, tout ça. Il y a encore un aspect counter-culture avec les hippies et les drapeaux gais, quoique ce genre de shit s’est exporté un peu partout où y a des zones urbaines avec des jeunes au portefeuille garni, alors à un certain niveau, les tavernes avec un barman aux cheveux gris sales et un gilet tye dye et des tattoos maison, les murales Peace n’ Love n’ All That Shit et les petites librairies de livres jaunis usagés donnent une impression un peu triste et has been. J’imagine que en genre 1975 visiter San Francisco devait donner l’impression d’être dans La Mecque du cool, et que ses habitants devaient regarder de haut le reste des USA et du monde, mais là? Pus astheur.

Quant aux sans-abris et le torrent de marde humaine et de seringues qui font les manchettes récemment, j’ai rien vu de si dégueulasse en 2015, en tout cas rien qui faisait lever mes sourcils après avoir vu le désastre que sont Portland et Seattle pour ce qui est des rues entières jonchées de robineux complètement craqués mentaux et sur un cocktail de je-sais-pas-trop quelles esties de drogues, macérant dans leurs excréments. Mais ouin, chose sûre, c’est pas une ville très propre, et même dans le vieux port avec ses gros hôtels de chaîne, un relent d’urine vient toujours se mélanger à l’odeur de la mer. Il semble y avoir une différence entre riches et pauvres que j’ai jamais vraiment vu en dehors du tiers-monde.

On mange dans un resto gastronomique, le genre où les serveurs sont des hipsters en t-shirt et où ta bouffe vient sur une plaque de bois au lieu d’une assiette. Puis Cyril connait un bon whisky bar, genre un gros cube de vitre sur le bord de l’eau, mais bizarrement il ferme à minuit, l’heure qu’on arrive. On veut pas se faire chier à prendre un taxi et tout ça pour aller ailleurs, alors de façon un peu anticlimactique, notre soirée dans une ville aussi célèbre pour son nightlife et sa culture hédoniste s’achève par quelques verres de bourbon, tranquilles, dans la chambre d’hôtel.

Alors que je suis dans le BART pour l’aéroport, je me compte choyé d’avoir d’aussi bons chums de par le monde. Voyager en solo c’est très cool, mais y a quelque chose de merveilleux à revoir des vieilles faces qui te prennent sous leur aile pour explorer leur environnement. Hell yeah.

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